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La méthode

Une crypto n’est ni chère ni bon marché dans l’absolu. Elle l’est par rapport à ce qu’elle rapporte et à ce qu’elle a valu par le passé. Dibagger mesure exactement ça : un écart chiffré pour chaque crypto, traduit en une température.

GlacialFroidTièdeChaudBrûlant
Température : Froid, moins cher que d’habitude.

À gauche, ce qui se paie bien moins cher que ce que ses revenus justifient d’habitude. À droite, bien plus cher. La température décrit une situation, ce n’est jamais un conseil d’achat ou de vente.

La juste valeur des protocoles

Un protocole encaisse des frais : un protocole de prêt touche des intérêts, une plateforme d’échange une commission. On compare sa valeur de marché à ce qu’il garde de ces frais, ses revenus.

Juste valeur = revenus annuels × multiple habituel ÷ jetons en circulation

  1. Revenus annuels lissés. On prend la médiane de trois mesures : les 12 derniers mois, les 6 derniers mois × 2 et les 3 derniers mois × 4. Les journées exceptionnelles (plus de 5 fois la normale) sont plafonnées, pour qu’un seul jour ne fasse pas la valeur.
  2. Multiple habituel. C’est le prix / revenus médian du protocole sur ses 3 dernières années (les extrêmes sont écartés). Si son historique est court, on le complète par la médiane de son secteur, d’autant plus que l’historique est court. Il reste borné entre 3 et 150.
  3. Fourchette. Les pointillés du graphique utilisent les multiples bas (25 %) et hauts (75 %) de son historique : une juste valeur est une zone, pas un chiffre au centime.

L’écart compare le prix à cette juste valeur. Il donne la température :

  • Glacial : plus de 40 % en dessous de la juste valeur estimée
  • Froid : de 15 à 40 % en dessous
  • Tiède : à moins de 15 % de la juste valeur
  • Chaud : de 15 à 40 % au-dessus
  • Brûlant : plus de 40 % au-dessus

Pas de juste valeur affichée quand le multiple a changé de régime depuis plus de 6 mois (nouveau modèle économique, par exemple) : son passé ne sert plus de référence.

La confiance : A, B ou C

Chaque estimation porte une note de confiance, qui dit à quel point les données qui la nourrissent sont solides :

  • Historique : combien d’années de revenus et de prix on connaît.
  • Taille : des revenus de quelques milliers de dollars par mois bougent trop pour servir de base.
  • Régularité : des revenus concentrés sur quelques jours rendent l’estimation fragile.
  • Liquidité : un jeton peu échangé a un prix moins représentatif.

A : estimation solide. B : estimation raisonnable, à recouper. C : estimation fragile, affichée en gris.

Les indicateurs

Chaque fiche de protocole ou de blockchain compare ses indicateurs à la médiane de son secteur : prix / revenus, croissance des revenus sur un an, rendement net pour les détenteurs (revenus reversés moins la dilution), dilution, volatilité. Le rang indique sa place parmi les cryptos comparables (1er = le meilleur sur ce critère).

La valeur de tendance des autres cryptos

Bitcoin, les blockchains, les memecoins et les projets aux revenus trop faibles ou trop récents n’ont pas de revenus exploitables. Pour eux, pas de juste valeur fondée sur les revenus, mais une valeur de tendance, tirée de l’historique du prix. Ainsi, chaque crypto a un écart chiffré, lisible de la même façon.

Valeur de tendance = prix moyen de l’année écoulée

  • Moyenne géométrique sur 365 jours : elle compte une hausse de 100 % et une baisse de 50 % de la même façon, ce qui évite qu’un pic isolé gonfle la valeur.
  • Bitcoin, Litecoin, Bitcoin Cash : on prend la moyenne des 200 dernières semaines (près de quatre ans, un cycle complet), corrigée de l’écart habituel du prix à cette moyenne sur les six dernières années.
  • Fourchette : la zone où le prix a passé la moitié du temps autour de sa moyenne (centiles 25 à 75).
  • Confiance : au mieux B. Une tendance de prix n’est pas une mesure de valeur intrinsèque ; un écart important dit que le prix s’est éloigné de sa tendance, pas qu’il doit y revenir.

Les températures suivent les mêmes seuils que pour la juste valeur. Pour les blockchains, le rapport capitalisation / frais reste affiché pour comparer les réseaux entre eux.

La note de qualité, de A à E

Un prix bas ne suffit pas : une crypto peut être « glaciale » simplement parce que l’engouement est retombé. La note de qualité décrit la solidité du projet, indépendamment de son prix, sur 100 points :

  • Revenus réels (35 points) : revenus (ou frais d’une blockchain) des 12 derniers mois, sur une échelle logarithmique. Pour Bitcoin et les réserves de valeur, l’adoption remplace les revenus.
  • Offre et dilution (25 points) : part des jetons déjà en circulation ; moins de points s’il reste beaucoup de jetons à émettre ou si l’offre augmente de plus de 10 % par an.
  • Maturité (15 points) : ancienneté de l’historique de prix ; moins de points après une chute de plus de 90 % depuis le plus haut.
  • Liquidité et taille (15 points) : volume échangé par rapport à la capitalisation, et rang. Un volume supérieur à la capitalisation signale des échanges très spéculatifs.
  • Stabilité du prix (10 points) : volatilité, pire chute et liquidité comparées aux autres cryptos.

A : 75 et plus · B : 60 à 74 · C : 45 à 59 · D : 30 à 44 · E : moins de 30. Deux règles fixes : les memecoins, jetons politiques et jetons de fans (catégories CoinGecko) sont plafonnés à E et masqués par défaut dans le classement et la carte ; une crypto sans revenus mesurables ne dépasse pas B.

Le scénario de 1 à 5 ans

Sur le graphique, le scénario (affiché sur 4 ans par défaut, de 1 à 5 ans au choix) prolonge toutes les courbes sauf le prix : juste valeur et sa fourchette, valeur de tendance, moyennes mobiles 50 et 200 jours. Il est illustratif, ce n’est pas une prévision.

  • Tendance de fond : régression du prix (en logarithme) sur 8 ans au plus, une fois le cycle retiré, pente bornée entre −25 % et +25 % par an, qui s’amortit avec le temps.
  • Cycle de 4 ans : forme moyenne du Bitcoin entre deux halvings (cycles 2016 et 2020) : envolée 12 à 18 mois après le halving, chute de 70 à 80 % ensuite, creux environ deux ans et demi après. L’amplitude est mesurée sur le cycle en cours ; pour le suivant, elle se situe entre celle du cycle en cours et la réduction habituelle observée d’un cycle à l’autre.
  • Sensibilité de chaque crypto : mesurée sur ses propres cycles passés quand elle a au moins 3 ans d’historique (une crypto qui a fait × 20 puis −90 % amplifie le cycle), sinon sur ses variations des deux dernières années comparées au Bitcoin ; bornée entre 0,5 et 2.
  • Écart actuel : la moitié de l’écart entre le prix et « tendance + cycle » se résorbe en un an et demi environ ; l’autre moitié est considérée comme durable.
  • Juste valeur : revenus qui suivent par défaut leur propre tendance de fond (régression des revenus mensuels sur les 4 dernières années, soit un cycle, une fois le cycle retiré, bornée entre −25 % et +25 % par an et amortie), ou le rythme choisi (stables, 3 derniers mois, un an) ; ils suivent aussi le cycle (les volumes montent avec les prix, à 80 % de la sensibilité du prix) ; multiple habituel, dilution observée.
  • Cryptos sans revenus (Bitcoin, la plupart des blockchains, jetons sans revenus) : le scénario ne repose que sur la tendance de fond du prix et le cycle ; il n’y a pas de revenus à projeter.

Le simulateur calcule ce que seraient devenus 10 000 € entre un point du prix et un point d’une autre courbe, hors frais et effets de change. Avec un point dans la projection, le résultat est une simulation hypothétique.

Les cryptos sans estimation

Pas d’estimation pour les stablecoins (leur prix est fixé à 1 $), les actifs adossés à un actif extérieur (or, fonds monétaires, dollars tokenisés) et les cryptos dont l’historique de prix fait moins d’un an et demi. Inventer un chiffre serait plus simple, mais ce serait faux.

Une juste valeur fondée sur les revenus demande au moins 1 M$ de revenus sur un an, mesurés depuis plus de 6 mois, et 20 M$ de capitalisation. En dessous, c’est la valeur de tendance qui s’applique.

D’où viennent les données

Prix, capitalisations et offre de jetons : CoinGecko, rafraîchis toutes les 30 minutes pour les 1 000 premières cryptos. Revenus, frais et part des détenteurs : DefiLlama, rafraîchis chaque jour. Historique de prix long : DefiLlama.

Les limites, honnêtement

  • Des revenus passés ne garantissent pas des revenus futurs.
  • Une crypto peut rester « froide » longtemps, ou le devenir encore plus.
  • Le marché peut avoir raison de payer plus cher : une juste valeur fondée sur le passé ne voit pas une forte croissance à venir.
  • L’historique s’allonge chaque jour : pour les projets récents, le multiple habituel s’appuie surtout sur leur secteur.
  • DefiLlama peut corriger ses données ; nos notes suivent.

Le projet

Dibagger est un projet indépendant, créé par Cédric. L’idée vient des outils que les investisseurs en actions utilisent depuis longtemps : comparer le prix d’une entreprise à ce qu’elle gagne, sur un graphique lisible en quelques secondes. Dibagger applique cette lecture aux cryptos qui encaissent de vrais revenus, et situe les autres dans leur tendance de prix.

Le site vit de ses abonnements Pro : pas de publicité sur le site, aucun lien rémunéré vers une plateforme d’échange. Une question, une erreur repérée : cedric@dibagger.com.

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